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(PAPIER D'ANGLE) Par Martine VERON
PARIS, 28 juil 2004 (AFP) - Prise en charge médicale, changement d'état-civil... sur ces sujets comme sur d'autres qui rendent difficile leur situation, les transsexuels ont obtenu l'assurance d'être entendus à la rentrée "avec des perspectives d'avancée réelles", affirment les associations.
L'affaire du mariage homosexuel de Bègles a boosté les revendications des transsexuels, dont les problèmes demeurent encore largement méconnus, souligne Alain Piriou, président de l'interassociative lesbienne, gaie, bi et trans (LGBT), reçu jeudi dernier avec les associations de défense des transsexuels au ministère de la Santé.
Rendez-vous a été pris fin septembre, sous la responsabilité de l'Agence nationale d'accréditation et d'évaluation en santé (ANAES), qui lancera, selon Alain Piriou, une évaluation des problèmes débouchant sur des propositions "mises en oeuvre en 2005".
"Mieux vaut tard que jamais", affirme à l'AFP Armand Hotimsky, président du Centre d'aide et de recherche sur les transsexuels et l'identité de genre (Caritig)."C'est la première fois qu'il y a une réunion de ce genre".
La question du mariage homo intéresse de près les transsexuels puisque aujourd'hui, le mariage n'étant pas autorisé entre personnes du même sexe, un couple dont l'un se découvre et veut vivre une autre identité sexuelle est obligé de divorcer.
Le changement d'état-civil est une procédure très exigeante pour les transsexuels qui demandent de ne plus être contraints à une opération radicale d'ablation pour obtenir le droit de changer d'identité.
"De quel droit oblige-t-on des personnes à être stériles, lance Armand Hotimsky. Les arguments de filiation ne tiennent pas, notre société bouge, la conception de la famille change". "Certains médecins d'ailleurs conseillent aux hommes qui souhaitent devenir femmes de congeler leur sperme pour pouvoir avoir des enfants ensuite", dit-il.
Beaucoup ne se résolvent pas à l'opération et "leur vie est insupportable", dit-il, "ils doivent s'expliquer dès qu'ils montrent carte d'identité ou de sécurité sociale".
Plusieurs pays européens sont en train d'évoluer sur ce point, comme la Belgique, la Grande-Bretagne, l'Espagne.
Les transsexuels souhaitent aussi une amélioration de leur prise en charge médicale. "En France, le rapport aux médecins est assez violent, conflictuel, selon les témoignages que nous recevons", affirme Armand Hotimsky. "La majorité des publications sur le sujet sont écrites par des psychiatres et les trans sont considérés comme des pervers, des psychotiques".
"Opérer un trans n'est pas valorisant, le problème est le même pour l'avortement", ajoute-t-il. "La majorité des médecins opèrent à contre-coeur et les résultats sont souvent catastrophiques. Du coup, ceux qui le peuvent vont se faire opérer à l'étranger".
Les associations demandent le libre choix du médecin, une meilleure qualité des soins, le remboursement des soins à l'étranger et... la déclassification du transsexualisme parmi les troubles mentaux.
La vie des transsexuels en France reste compliquée, témoigne le Caritig, malgré quelques améliorations, comme l'autorisation de changer son prénom même sans changement d'état-civil. La période est finie où les trans s'appelaient tous Claude, Dominique ou Camille.
Mais, dit Armand Hotimsky, "on ressort parfois, contre les prostituées par exemple, l'arrêté Lépine de 1907 qui interdit les travestissements en dehors du carnaval".
mv/Mdf/sp
AFP
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